GDT - Equipement

Ci-dessous la liste du matériel emporté, élément par élément. Très minimaliste, pour pouvoir profiter pleinement de la marche sans me soucier des problèmes de dos et en évitant de trop surcharger mes genoux. Il est indispensable de partir léger lorsque l'on veut marcher longtemps...

Note: DIY signifie "Do It Yourself", équivalent pour "Fait soi-même".

A ça, il faut rajouter les consommables :
- 600g de bouffe par jour
- 600ml d'eau
- une cartouche de 390g de gaz par portion.

Ce qui fait un total de 10,5 kg au début d'une portion de 9 jours, auxquels il faut encore rajouter (mais tout le monde ne se charge pas autant que moi), 2kg de matériel photo!

Vêtements portés

Couche 1:
J'ai porté le mérinos en permanence, sauf le temps de le laver à Lake Louise au milieu et en fin de voyage, où j'en enfilé ma micro-polaire sans manche à même le corps. Très satisfait.

Couche 2:
Je n'ai utilisé la doudoune une journée entière que le second jour sous la neige, alors que mon mérinos était trempé. Souvent le matin je partais avec pour me chauffer et l'enlevais au début de la première montée, des fois la remettait sur les longues descentes. Stockée en vrac dans le sac au-dessus de la bouffe, je la mettais en boule sous ma veste imper le temps des courtes pauses repas, pour garder un peu de chaleur sans perdre de temps à l'enfiler.
J'avais aussi une micro-polaire sans manche, que je n'ai jamais mise en activité.

Couche 3:
La veste imper (Essence Jacket) était portée quasiment tout le temps. Elle a résisté aux buissons, par contre la neige mélangée au vent fort avant d'arriver au Howard Lake CG l'a je pense mise à mal. Mais vu que j'étais trempé de l'intérieur aussi, difficile à dire. La membrane au niveau des épaules se décolle, phénomène visiblement assez répandu.

Pantalon:
Sèche très vite dès qu'on se bouge un peu et n'est pas désagréable à porter mouillé. J'y ai fait un petit trou en traversant les buissons sur les rives de la rivière Maligne, réparé rapidement. Je l'avais ciré mais visiblement pas assez. Je ne suis par contre pas sûr que ça suffise pour cette saison. Il peut pleuvoir beaucoup, comme le dernier jour où j'aurais aimé avoir quelque chose d'imperméable. Pas pour l'isolation, mais pour éviter de mouiller mes chaussures par capillarité. A essayer: les guêtres SOUS le pantalon :)

Extrémités:
Pour l'apport de chaleur, selon la température et le rythme de progression, je mettais ou j'enlevais les gants polaires, les sur-gants, le bonnet polaire et le buff mérinos dans ses différentes configurations. J'ai été étonné de ces surgants fait à la va-vite avant de partir. Un nylon enduit PU, peu respirant et d'une colonne d'eau d'environ 5000mm de mémoire. J'ai été jusqu'à les plonger dans l'eau pour boire dans une rivière, sans qu'ils en ressortent détrempés! Quelques infiltrations à la longue, certes, mais qui sêchent rapidement en activité quand les mains chauffent.

Chaussures

Salomon XA PRO gtx :
Sur la première partie, sans guêtres, que j'avais prises au Canada mais laissées à Vancouver en doutant de leur utilité, car le creux dans la semelle de la chaussures n'est pas assez prononcé pour y passer une lanière de guêtre sans marcher dessus à chaque pas.

Salomon Quest 4D gtx:
Sur la deuxième partie, avec guêtres hautes. Il faisait relativement bon sur ce segment, donc j'ai eu chaud aux pieds... un comble. Dans la dernière montée, sous la neige, elle m'ont permises d'y aller franco de la pointe lorsque c'était raide. A préserver absoluement de l'eau: le problème avec ces grosses chaussures, c'est que ça ne sêche pas super vite...

Je ne suis pas persuadé que les grosses-légères (type Quest 4D) sont la meilleure solution. Leur semelle reste assez souple, mais je sentais vraiment leur poids à la fin des longues journées. Le problème c'est qu'à cette période de l'année, entre automne et hiver, il fait trop froid pour les basses, mais quand même parfois trop chaud pour être en hautes. J'ai été séduit par les guêtres pour leur aspect protecteur. Le pantalon reste propre, rien de rentre dans les chaussures et l'apport calorifique n'est pas négligeable.

Les légères ont cependant encore un place à se faire dans ma liste, du moins pour des tests. Est-ce que le résultat aurait été le même si j'avais gardé mes chaussures au sec dans mon duvet durant la nuit (pour peu que je n'oublie pas de sac plastique)? Est-ce que l'inertie thermique de ces chaussures n'est-elle pas de toute façon trop faible? Pourquoi pas des amphibians avec un système de chaussettes multi-couches, pour avoir le max de polyvalence? Par contre, il est difficile d'y greffer des guêtres (à moins de coudre la guêtre à la chaussure, ou via un velcro si on la veut amovible).

Bref, le choix n'est pas complètement tranché. Je suis parti avec les légères car je voulais privilégier la sensibilité du pied au contact du terrain. Je n'attendais pas autant de neige tout d'un coup et pensais pouvoir sêcher mes chaussures entre les cols. Mais c'était bien naïf, sans grande expérience, je pense au final que les hautes se justifient vraiment à cette époque sur ce terrain.

Abri

Largement suffisant pour ce trip à cette saison: les campgrounds sont très bien protégés (dans les arbres) et les moustiques absents. Il manque juste d'un peu de hauteur au niveau des pieds: quand j'avais mes chaussures sous la footbox, c'était limite! Il a pris l'eau au sommet (la faute aux coutures pas étanchéifiées), mais n'a fui de nulle-part ailleurs.

Plus de détails sur la construction de ce abri ici

Couchage

Matelas:
Même si je cherche encore à être plus confortable au niveau des épaules (je dors beaucoup sur le côté), je suis très satisfait du RidgeRest Solar. Très bonne isolation, meilleur confort que le Z-Lite je trouve, et en 105cm il m'a suffit pour ne pas avoir froid. Sous les mollets et les pieds, je mettais mon sac à dos, dont les bretelles et la ceinture sont garnies de 5mm mousse aluminisée D4, c'était suffisant la plupart du temps. Lorsque j'ai dormi sur la neige, j'ai rajouté un petit pad de cette même mousse, qui sert de fond à mon sac ventral pour le rigidifier. Au bout du matelas, j'ai fais deux encoches pour y serrer le cordon de fermeture du sac autour, de façon à ce qu'il ne se fasse pas la malle pendant la nuit.

Duvet:
Une couette toute bête, 190cm par 140cm, 13 cloisons transversales, 720g de duvet. Utilisée fermé en permanence, sauf les 30 derniers cm en haut. Par contre, une fois complètement fermé, il n'y a pas des masses de place pour y stocker des chaussures, surtout des grosses. Je les mettais entre mes jambes.

Coussin:
Ma micro-polaire sans manche, que je n'ai jamais utilisée que comme coussin. Pas sûr qu'elle soit nécessaire, mais j'étais content de pouvoir la mettre en remplacement de mon mérinos tout mouillé le premier jour. Donc pour 110g ...

Sursac:
Skytex 27 dessous, Climashield APEX 67 dessus, 100cm par 190cm, donc assez large pour stocker sur les côtés l'appareil photo et la bouffe (lorsque je ne la pendais pas). Le matelas et le sac à dos étaient à l'intérieur. Mériterait un tissu un peu plus coupe-vent sur la face extérieure.

Lors de me mettre au lit, j'enlevais mon pantalon et mes chaussettes de la journée pour enfiler les chaussettes mérino de bivouac, les chaussons et le pantalon en synthétique. Je me mettais comme ça dans le sursac au moins une demi-heure, parfois en m'endormant(autour de 3°C), parfois en lisant, sans sortir le duvet, pour sêcher un peu le sursac. Dès les premiers frissons, je sortais le duvet pour m'y glisser. Seule la footbox du duvet a pris un peu d'humidité, car en contact direct avec le dessous imperméable, donc la faute au sursac. En dehors de ça, j'ai réussi à gardé mon duvet relativement sec tout le long sans avoir à le faire sêcher en journée. C'est peut-être pas mal d'élements à gérer, mais j'ai trouvé ça efficace pour cette gamme de température. Cela dit, l'air n'a jamais été saturé d'humidité, à l'exception de 3 ou 4 nuits, me faut aller valider le système en Ecosse :) Système aussi utilisé avec succès aux Lofoten.

Portage

Le sac à dos comme la poche frontale sont des essais sortis de ma machine à coudre, afin de valider leurs dimensions en vue d'une version plus solide.

Le sac à dos a une forme classique, assez plat et pas trop haut, et est construit aussi simple que possible. Assez grand pour y rentrer tout mon matériel (environ 45L) et quelques élastiques et poches à l'extérieur pour stocker le matériel humide. Pas d'armature (c'est le rôle du tapis de sol roulé à l'intérieur). Le tissu étant du nylon 210D PU 120g/m² pour le fond et le bas du dos, silnylon 110D 70g/m2 pour la partie haute, il a du me revenir à 20€ de matière première. Bretelles larges et sans sangle, juste en silnylon, rembourées avec de la mousse 5mm D4. Pareil pour les hanches. J'ai dû renforcer quelques points avant de partir à l'issu de rapides essais. Le confort s'est avéré très bon en dessous de 10kg, correct à 11kg avec 9 jours de vivres et eau. Le tissu n'est par contre pas super résistant à l'abrasion, mais je compte en refaire un avec un tissu plus sérieux (et un peu plus lourd).

Mise à jour 2013 : quelques informations ici sur la construction d'un sac à la forme similaire.

La poche avant me permet de stocker tout mon petit matériel de navigation et un peu de bouffe, mais surtout l'appareil photo. Presque étanche (les coutures ne le sont pas), je l'ai dimensionnée pour y rentrer un reflex et objectifs moyens (dont un monté). Du coup il est un petit peu trop large, et encore plus embêtant, il n'est pas assez rigide. Un bout de mousse 5mm pliable (rajout de jonctions cousues dans le matelas) plié au fond n'est pas suffisant pour bien maintenir ce poids (2kg). Au bout de quelques heures, une petite ouverture laissait apparaître la mousse et l'eau/la neige dégoulinait à l'intérieur (sous la mousse, sans mouiller l'appareil). Le système de fixation, qui tire vers moi le sac à dos en son milieu (sous mes bras, me permettant presque d'enlever les bretelles) est aussi un peu trop compliqué à l'usage, mais efficace pour l'équilibrage. Il y a donc beaucoup de place à l'amélioration.

Mais globalement je suis satisfait de cette solution: appareil photo directement accessible quelque soit la météo, bon équilibre de la charge et report sur les hanches. Il me reste à trouver une solution pour simplifier les attaches.

Matériel spécial

Piolet:
N'est pas nécessaire, car au final le chemin n'emprunte pas de gros passages dangereux qui ne puissent pas se sécuriser avec une paire de bâtons (du moins là ou je suis passé, mais je pense que c'est généralement le cas). Au pire, les passages les plus hauts peuvent être contournés, moyennant quelques km en plus.

Mini-crampons:
J'ai été content de les avoir quand même, ils sont surtout utiles avec des chaussures légères qui ne permettent pas de prendre des carres. Ils bottent pas mal, mais pour leur poids, la place qu'ils prennent et l'assurance qu'ils apportent, je les reprendrais si je devais repartir avec des chaussures légères!

Bear-spray:
C'est pas tout léger, mais c'est une assurance vie au pays des ours. Il m'a permis d'avancer avec discrétion à certains endroits en espérant faire une rencontre heureuse ! Il est raisonnable de s'en passer lorsqu'on part à plusieurs, qu'on fait du bruit et qu'on reste attentif.

Cuisine

J'ai fais le choix du gaz pour manger vite, même par températures négatives. Même en 9 jours, je n'ai pas réussi à vider une cartouche de 230g d'isopropane en chauffant environ 500ml d'eau par jour. En été, le choix du réchaud à bois est très intéressant si l'on accepte de manger froid dans les camps où le feu est interdit. Ce petit bol de 600ml est tout simplement génial : pas trop profond et juste assez large pour faire la vaisselle... avec la langue (merci jeanjacques)! Une petite cuillère avec ça, c'est tout. Pas besoin d'éponge ou de savon pour laver tout ça.

Hygiène

Une de mes deux bouteilles d'eau (goulot large) était dédiée à la toilette. Le savon a amplement suffit (j'ai encore pu prendre 10 douches avec en rentrant). La serviette est en Evolon 80, microfibre faite par Freudenberg, que je trouve encore plus légère et avec les mêmes qualités que ceux qu'on trouve en grandes surfaces.

Nourriture

Matin:
Rapide, barres maison (amandes, sucre, miel, avoine, sésame) avec quelques gorgées d'eau. Quand j'avais du temps, je me faisais un chocolat chaud, mais c'était rare.

Journée:
Chocolat en marchant, chips et graines (tournesol, maïs grillé, cajou) pour une pause vers midi.

Soir:
Lorsque j'arrivais tôt, je me faisais un chocolat chaud avant le repas. Après, purée/pâtes/couscous à l'huile d'olive, un bout de gouda et de saucisson, quelques graines pendant que l'eau chauffait. Je n'ai pas toujours mangé chaud, du coup les chips remplaçaient parfois le plat chaud.

Environ 600g et 3000 kcal/jour au final, je pense que c'était un bon équilibre car je n'ai jamais eu la dalle et ne m'allégeait que tous les trois jours! J'ai perdu quelques kilos mais pas beaucoup, peut-être 2-3. Tout le matériel de cuisine, d'hygiène et la bouffe était stocké dans un sac en cuben refermé par scratch+enroulement pour éviter les odeurs fuyardes, avec quelques mètres de cordelette et mini-mousquetons pour pouvoir le prendre n'importer où.